La crise de 1929 et la crise des Subprimes sont-elles liées ?
- Fouad Starck & William Obson
- 3 janv. 2016
- 3 min de lecture
Malgré la différence d'année qui sépara les deux crises, peut-on trouver des points communs ou au contraire sont -elles totalement différentes ?
Point Communs
En 1929 et 2008, on peut remarquer des similitudes. Une première similitude est le lieu d’origine de la crise : les Etats-Unis.
On assiste également, dans les deux cas, à une contagion nationale (via le marché interbancaire, qui existait mais était encore peu développé à l’époque de la première crise) et internationale car les banques détenaient des titres à travers le monde. Néanmoins, la crise et ses répercussions mettront plus de temps à se propager en 1929 car les relations internationales étaient moins importantes en ce temps-là. En 2008, la contagion sera beaucoup plus rapide.
Au final, dans les deux cas, le monde entier (à part la Russie en 1929) sera touché.
Une autre similitude est la facilité avec laquelle les individus ont eu accès à l’emprunt. Ceci était possible grâce à une politique laxiste des autorités monétaires qui laissaient les taux d’intérêt à de bas niveaux. Ainsi, les investisseurs ont pu financer dans les 2 cas des achats à effet de levier.
On remarque également que les individus ont beaucoup paniqués lors des deux évènements. Cependant, la panique fut renforcée en 1929 par la non-existence d’un fonds d’interventions en cas de faillite et par les non-interventions des gouvernements et banques centrales.
Dans les deux crises, et avec ce que l’on peut déjà observer actuellement, la crise initiale eut des impacts sur l’économie réelle : diminution de la consommation et des investissements, ce provoque un ralentissement de l’économie.
Pour combler le manque de liquidités, les banques ont, en 1929 et en 2008, tenté de vendre des actifs qu’elles détenaient (du moins, les actifs les plus risqués afin de garder les moins risqués comme collatéral pour un éventuel emprunt auprès de la BC). Cependant, comme toutes les banques connaissaient des difficultés au même moment, le prix des actifs a diminué, et la vente de ces actifs ne permit pas de combler suffisamment ces manques. De plus, en 1929, ceux-ci valaient moins à cause du krach boursier.
Dans les deux cas, on assista à la même évolution concernant le différentiel entre les taux sur les bons d’Etats et bons d’entreprises : il est en augmentation, suite à l’augmentation du risque de crédit (les bons d’états étant considérés comme des actifs sans risque).
Cet écart est le reflet des mouvements de titres de qualité inférieure et supérieure.
D’autre part, le désir de liquidité renforça la valeur des titres d’état.
Différences
Une différence entre les deux crises est que les investisseurs américains en 1929 empruntaient pour spéculer en bourse alors qu’en 2008, ceux-ci empruntaient pour investir dans l’immobilier.
En 1929, la crise a commencé par un krach boursier ; alors qu’en 2008, il s’agissait d’abord d’une crise bancaire. Mais dans les deux cas, le krach initial a provoqué une perte de confiance généralisée. Les banques ont subi des pertes substantielles (ce qui provoqua une crise de liquidité) dues au non-remboursement des emprunteurs dans les deux crises.
Cependant, l’origine est différente. Dans le premier cas, les pertes viennent d’emprunts non-remboursés (gagés par des titres mobiliers) car ceux-ci étaient utilisés pour investir en bourse (qui s’est « krachée ») et du portefeuille de valeurs mobilières détenu par les banques, qui a vu sa valeur fortement diminuer suite au krach boursier. Dans le second cas, les non-remboursements sont dus à des crédits octroyés qui, si le marché était resté semblable (c’est-à-dire avec des taux d’intérêts bas et des prix de l’immobilier croissants), n’auraient pas posé de problèmes.
Néanmoins, dû au retournement du marché, les individus furent dans l’impossibilité de rembourser. De plus, les banques avaient acheté des subprimes, dont la valeur dépendait du bon remboursement des emprunteurs. Suite au retournement du marché, les banques ont fait des pertes sur ces titres. Malgré la faillite de Lehmann Brothers, les dirigeants politiques et monétaires sont intervenus massivement afin d’éviter un effondrement, tel que celui de 1929, où les banques sont tombées les unes après les autres.
N’oublions pas de mentionner cependant qu’en 2008, les bourses ont fonctionnées correctement, alors qu’en 1929, elles se sont « krachées ». Il n’y avait donc pas de bulle spéculative en bourse en 2008. Mais celle-ci fut présente dans le secteur immobilier américain.

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